Principes et Valeurs

Quiconque suit ces 10 Principes et Valeurs fondamentaux peut agir au nom d’Extinction Rébellion


1. NOUS PARTAGEONS UNE VISION DU CHANGEMENT

Notre devoir est de créer un monde digne des prochaines générations.

Nos cœurs nous disent qu’un monde différent est possible. Notre vision du changement est suffisamment large pour qu’elle puisse contenir une variété d’opinions sur la meilleure façon de travailler à ce changement :

« Un monde sain et beau, où l’individualité et la créativité sont soutenues et où les gens travaillent ensemble, résolvant les problèmes et trouvant un sens, avec courage, puissance et amour. Elle s’appuiera sur des cultures enracinées dans le respect de la nature, des libertés authentiques et de la justice. »

2. NOUS AJUSTONS NOTRE MISSION À LA MESURE DE CE QUI EST NÉCESSAIRE

Le changement nécessaire est énorme, il est pourtant réalisable.

Nous reconnaissons que nous sommes au beau milieu d’une crise massive, qui peut être difficile à comprendre et à gérer. Nous connaissons la 6ème extinction massive d’espèces et nous ne prenons pas les mesures adéquates pour éviter à notre civilisation la trajectoire la plus horrible du changement climatique. Le monde est profondément inégal, les richesses et les leviers de pouvoir étant concentrés dans une petite minorité. Notre santé mentale et physique, y compris celle de nos enfants, est en crise, sous différentes formes de malnutrition et dans un environnement de plus en plus toxique. Nous vivons avec la menace de pandémies et l’échec des antibiotiques. Notre système financier est destiné à une autre crise plus grave que la précédente. Il existe une culture mondiale de conquête de l’ « autre », de compétition, de vengeance et de terrorisme.

Nous reconnaissons que notre travail consiste moins à « sauver le monde  » qu’à essayer de développer notre résilience à mesure que de multiples effondrements surviennent. Nous sommes basé·e·s en Suisse et nous aimons profondément cette partie du monde. Nous nous concentrons ici sur les changements importants vers lesquels nous nous dirigeons :

– Une démocratie qui fonctionne, où les gens ont une réelle capacité d’action dans la prise de décision. Il s’agirait notamment de transférer le pouvoir au niveau le plus proche des personnes et des communautés, avec des structures pour faciliter la prise de décision aux niveaux local, régional, national et international, le cas échéant.

– Une économie conçue pour maximiser le bien-être de tous les êtres humains et réduire au minimum les dommages causés les un·e·s aux autres, à nos semblables et à notre planète natale. Nous avons besoin de politiques et de lois qui garantissent une plus grande égalité, une production localisée, une consommation réduite, zéro émission de carbone net et zéro déchet.

– Créer une culture régénératrice. On peut commencer tout de suite !

Nous pouvons nous concentrer sur les symptômes de ce système toxique, mais nous profitons également de l’occasion pour souligner qu’un changement complet du système est nécessaire. Nous nous concentrons également sur les piliers qui maintiennent en place le système actuel :

– Un secteur financier déréglementé, fondé sur la dette et les intérêts

– Une démocratie fausse et délabrée

– Un média au service des intérêts des individus et des entreprises qui exploitent la planète

3. NOUS AVONS BESOIN D’UNE CULTURE RÉGÉNÉRATRICE

Une culture humaine régénératrice est saine, résiliente et adaptable ; elle prend soin de la planète et de la vie, consciente que c’est le moyen le plus efficace de créer un avenir florissant pour toute l’humanité. La culture régénératrice signifie des améliorations d’année en année, en faisant de petits pas pour guérir et améliorer, et à tous les niveaux, y compris les individus, les communautés, notre sol, notre eau et notre air. Plus qu’un réseau de « militants·e·s« , nous cherchons à trouver des façons d’être et de faire qui soutiennent le changement positif. Cela peut inclure la cérémonie et la prière (d’une manière qui n’est ni dogmatique ni attendue) comme formats pour s’inspirer de choses plus grandes que soi. Nous devons renouer avec l’amour que nous avons pour nous-mêmes, notre pays et nos concitoyen·ne·s, ainsi que pour nos voisin·e·s, les humains et le monde naturel.

La culture régénératrice comprend:

– l’autogestion de la santé – comment nous prenons soin de nos propres besoins et de notre bien-être face à un système toxique.

– prendre soin de soi et des autres pendant l’action – comment nous prenons soin les un·e·s des autres pendant que nous entreprenons ensemble des actions directes et la désobéissance civile.

– prendre soin de nos relations – comment nous nous occupons des relations que nous entretenons, comment nous prenons conscience de notre impact sur les autres, comment nous prenons en charge notre part dans chaque relation.

– prendre soin de la communauté – comment nous nous occupons de notre développement en tant que réseau et communauté, en renforçant nos liens et en adhérant à nos principes et valeurs.

– prendre soin des gens et de la planète – comment nous nous occupons de nos communautés au sens large et de la terre qui nous nourrit toutes et tous.

C’est une question de relations. Nos relations avec nous-mêmes et nos histoires personnelles, nos relations avec ce contre quoi nous luttons, nos relations avec d’autres personnes au jour le jour et nos relations en tant que groupe – tout cela est complètement interdépendant. Prendre soin de soi, c’est aussi prendre soin des parties émotionnelles plus profondes de soi qui réagissent instinctivement aux situations stressantes par le combat, la fuite ou le déni.

4. NOUS NOUS REMETTONS NOUS-MÊMES EN QUESTION, AUTANT QUE CE SYSTÈME TOXIQUE

Nous avons le devoir de désobéir à ce système qui détruit la vie sur terre et qui est profondément injuste. Certains d’entre nous entreprendront des actions ouvertes et risquent d’être arrêtées et inculpées. Une telle désobéissance civile ouverte et une telle action directe sont cruciales pour le changement. Il n’est pas nécessaire ou exigé que tout le monde le fasse, car pour certain·e·s il y a de bonnes raisons de ne pas le faire (nous demandons à chacun·e·s de prendre le temps d’être au clair sur sa propre situation, ses peurs et ses motivations).

Il est important que notre culture soutienne celleux d’entre nous qui sont prêt·e·s à se mettre en danger de cette façon – il existe aussi de nombreux rôles de soutien qui sont utiles et nous devons permettre à autant de personnes que possible de participer activement. Nous pratiquerons une culture de la sécurité dans la mesure où elle permet de planifier des actions sans être interceptées avant qu’elles ne soient achevées. Cependant, notre désobéissance civile et nos actions directes sont en pleine lumière publique, les organisateurs et organisatrices acceptent les risques qu’iels prennent, et nous avons publié une « déclaration de nécessité » en ligne expliquant pourquoi nous pensons que nos actions sont justifiées.

Il ne s’agit pas seulement d’être sur le terrain et d’agir, mais aussi d’adopter tous les aspects d’une culture régénératrice et de prendre le temps de réfléchir à l’efficacité de ce que nous sommes en train de faire. Nous pourrions trouver difficile de nous concentrer sur certains aspects de ce travail, y compris l’autogestion de la santé et les soins mutuels. Il peut y avoir une incitation à faire la prochaine tâche, à être « actif·ve« , mais cela peut conduire à un burn-out.

Il est important que nous apportions des changements dans notre propre vie pour refléter les changements nécessaires, comme changer notre alimentation, notre destination de vacances et ainsi de suite (toutefois, la responsabilité individuelle peut être surestimée et est fondée, dans une certaine mesure, sur le privilège). Pour tous ces défis, nous demandons de la place, de la patience et une volonté d’essayer de nouvelles choses pour voir si elles soutiennent nos objectifs.

5. NOUS VALORISONS LA RÉFLEXION ET L’APPRENTISSAGE

Nous ne savons pas comment les choses vont changer, alors nous sommes prêt·e·s à expérimenter et à apprendre de ce que nous faisons. En continuant à poser des questions, à réfléchir et à apprendre de ce qui a fonctionné ailleurs, nous améliorerons ce que nous faisons et nous ne nous enliserons pas dans des comportements répétitifs. Il s’agit d’un processus actif et continu, qui exige du temps et des commentaires de la part des individus et des groupes pour réfléchir à ce qui s’est bien passé et pourquoi, ainsi que ce qu’il serait mieux de faire différemment.

6. NOUS ACCUEILLONS CHAQUE PERSONNE ET CHACUNE DE SES FACETTES

En tant que mouvement, nous nous engageons à faire campagne pour le droit à la vie et pour la vie future de nos enfants et de la planète. Nous reconnaissons que pour changer le monde, nous devons changer notre façon de penser et de nouer des relations avec celleux avec qui nous travaillons et nous nous allions. Le monde est actuellement défini par de multiples hiérarchies de race, de classe, de sexe, de sexualité, etc. Pour celleux qui sont plus bas dans ces hiérarchies, une grande partie du monde n’est pas un espace sûr. Pour créer des espaces plus sûrs, nous devons travailler activement à une compréhension continue du fonctionnement de ces hiérarchies, afin de pouvoir les remettre en question et favoriser l’inclusivité en rendant nos espaces plus accessibles. Par conséquent, pour que notre mouvement soit sûr pour toutes et tous, il doit l’être pour les plus marginalisé·e·s.

Ce principe comprend un engagement à créer des espaces plus sûrs pour soutenir l’inclusivité. Notre objectif est que chaque individu soit accueilli·e sans distinction d’ethnie, de race, de classe, de sexe, d’identité de genre, de présentation de genre, de sexualité, d’âge, de revenu, de capacité, d’éducation, d’apparence, de statut d’immigration, de croyance ou de non croyance et d’expérience activiste. Chaque membre du mouvement a la responsabilité de créer et d’entretenir des espaces plus sûrs, compatissants et accueillants. Les nouvelles personnes qui rejoignent le mouvement doivent être explicitement accueillies. Un point de départ simple est le respect de ces principes fondamentaux.

La violence physique ou l’incitation à la violence envers autrui n’est pas acceptée. Un comportement discriminatoire, un langage ou un comportement qui fait preuve de domination raciale, de sexisme, d’antisémitisme, d’islamophobie, d’homophobie, de discrimination de classe, de préjugés liés à l’âge et toute autre forme d’oppression, y compris un langage abusif envers autrui, que ce soit pendant une action ou ailleurs, ne sont pas acceptés physiquement ou en ligne.

Nous reconnaissons également que nous sommes des êtres complexes et que nous exposons de nombreuses parties différentes de nous-mêmes à différents moments et dans différentes circonstances. Par exemple, tantôt nous nous soucions des autres, tantôt nous portons des jugements et tantôt nous réagissons de façon imprudente. Certaines de ces parties sont des parties de nous que nous sommes heureux·se·s d’apporter, et certaines de ces parties sont des parties avec lesquelles nous nous débattons, sans en avoir conscience avant qu’elles ne se révèlent. Avec cette connaissance, nous nous approchons les un·e·s des autres par compassion et nous nous encourageons les un·e·s les autres à accroître notre propre conscience de nous-mêmes.

7. NOUS LIMITONS DÉLIBÉRÉMENT LES RAPPORTS DE POUVOIR

Le fondement de ce réseau repose sur les relations entre ses participant·e·s. Nous travaillerons chaque jour à bâtir la confiance, le respect et la réciprocité entre nous tous·tes. Nous supposons que tous les membres ont de bonnes intentions et nous réagirons contre le manque de respect. Nous utilisons des techniques de résolution de conflits pour gérer les conflits d’une manière saine qui apportera de la croissance à notre mouvement. Nous fondons notre travail sur le dialogue, la guérison, la transformation collective et la justice. Nous ne tolérerons pas la honte ou l’intimidation sous quelque forme que ce soit. Cela exige que nous soyons honnêtes et claire·s avec nous-mêmes et les un·e·s avec les autres ; nous avons toutes et tous des préjugés et des biais de jugement, et il faut les reconnaître plutôt que de s’y attarder de manière négative. Il est de la responsabilité de chacun·e de changer les habitudes et les comportements destructeurs.

Nous reconnaissons que notre monde tel qu’il se présente actuellement est structuré par diverses hiérarchies croisées basées sur la classe, la race, le sexe, la sexualité, la (in)capacité, et ainsi de suite. En tant que telle, l’expérience de chaque personne est façonnée par sa position au sein de ces différentes hiérarchies sociales. Par exemple, en tant que femme noire, on rencontre différentes formes d’oppression qu’une femme blanche, en raison de la façon dont la race et le genre se combinent pour former des expériences.

Alors que notre objectif est de vivre dans un monde où ces hiérarchies n’existent plus, nous ne pouvons pas simplement prétendre qu’elles n’existent plus dans notre propre réseau. Pour cette raison, nous visons à centrer les voix qui sont normalement les plus marginalisées, en leur permettant de s’exprimer et en encourageant celleux qui ne le feraient pas normalement à prendre des positions de leadership / coordination. Il ne s’agit pas de décider « qui est le ou la plus opprimé·e« , il s’agit de faire consciemment de l’espace pour les personnes qui doivent se battre le plus pour être entendues, reconnues et respectées.

Concrètement, cela signifie :

– nous pondérons les rôles de coordination en fonction des groupes marginalisés

– nos messages médiatiques comprennent des questions et des voix qui sont normalement ignorées (p. ex. le lien entre les changements climatiques et les centres de détention de l’immigration). Cependant, nous sommes conscient·e·s de ne pas essayer de parler au nom de quelqu’un·e d’autre.

– l’accessibilité est importante (en termes de garde d’enfants, d’accès en fauteuil roulant, d’expression sans utiliser de jargon technique), tant pour les réunions que pour les actions.

– nous reconnaissons que les comportements oppressifs sont enracinés socialement en nous, et que les personnes privilégiées sont invitées à s’engager à remettre en question leurs privilèges et à être ouvertes à la remise en question.

– nous renouvelons celleux qui occupent des postes de responsabilité afin que le pouvoir ne s’enracine pas.

– nous intégrons la pratique anti-oppressive dans nos supports de formation.

– notre stratégie est axée sur la réalisation du travail nécessaire pour forger de véritables alliances avec les mouvements de base des personnes les plus marginalisées.

– nous reconnaissons également que les gens commettent parfois des erreurs, des fautes d’appréciation et des faux pas, et nous cherchons à éviter une exposition humiliante lorsqu’il est clair qu’un problème doit être soulevé et traité.

Disposer d’une base de données, de médias sociaux et d’un site Web, collecter des fonds pour des réunions, etc. signifie qu’il y a inévitablement une centralisation d’un certain pouvoir. Pour atténuer tout problème de pouvoir qui pourrait survenir, nous avons un groupe de supervision, dont le rôle est transparent et au sein duquel il existe un processus de rotation des personnes.

Nous vous encourageons à réfléchir à ces questions : Si vous avez toujours le même rôle, est-il possible de former quelqu’un·e d’autre pour le faire ? Si quelqu’un·e d’autre assume un rôle, pouvez-vous apprendre d’elleux afin de pouvoir intervenir ? Pouvez-vous vous mettre au défi d’assumer un rôle plus direct si ce n’est pas quelque chose que vous faites habituellement ? Prenez-vous le temps d’en apprendre davantage sur le pouvoir et les privilèges ? Comprenez-vous comment le pouvoir et les privilèges que vous détenez ont un effet sur les autres personnes et sur le mouvement dont vous faites partie ?

8. NOUS NE TENONS PAS DE DISCOURS CULPABILISANT NI MORALISATEUR

Ce n’est pas en blâmant et en faisant honte que nous serons utiles à long terme. Alors qu’une campagne spécifique peut chercher à mettre en évidence le rôle préjudiciable joué par une institution, y compris les personnes qui la servent, notre point de départ est que nous vivons dans un système toxique qui a endommagé tout le monde. Nous pouvons signaler un comportement qui n’est pas utile, qui exploite ou qui est abusif, et nous ne tolérerons pas un tel comportement, mais nous ne transmettons pas notre amour ou notre pouvoir en blâmant et en faisant honte. C’est également vrai dans notre dynamique interpersonnelle et de groupe ainsi que dans notre relation à nous-mêmes.

Nous embrassons le changement qui crée l’unité dans la diversité ; nous devons rectifier les relations entre nous, en évitant les pièges interpersonnels qui viennent des jeux auxquels nous pouvons jouer par inadvertance et en sensibilisant les structures qui nous divisent. Nous acceptons que l’émotion ait parfois besoin d’être exprimée, qu’une période de ventilation peut être nécessaire. Nous nous demandons mutuellement de bien vouloir partager nos émotions et de revenir à une base d’amour, de respect et de convivialité. Nous devons faire preuve de compassion lorsque des erreurs sont commises. Les erreurs sont des occasions d’apprendre. Nous cherchons des moyens de communiquer et de comprendre. S’écouter profondément les un·e·s les autres est un outil puissant. Nous devons en particulier écouter celleux d’entre nous qui viennent de groupes dont la voix a tendance à être réduite au silence.

9. NOUS SOMMES UN RÉSEAU NON-VIOLENT

La non-violence maintient notre mouvement en vie. Nous utilisons la non-violence pour révéler les véritables auteurs de la violence systémique dont les gens souffrent quotidiennement dans le monde entier. Notre stratégie est d’apporter la lumière sur l’injustice que trop de gens subissent chaque jour. Nous ressentons la douleur des abus de la police et d’autres personnes, et nous continuerons à dénoncer leur violence par notre discipline. La non-violence s’est avérée être, sans équivoque, un outil efficace dans les mobilisations de masse et c’est sur elle que nous fondons une pierre angulaire de notre mouvement.

En même temps, nous reconnaissons également que de nombreuses personnes et mouvements dans le monde sont confrontés à la mort, au déplacement et aux abus dans la défense de ce qui leur appartient. Nous ne condamnerons pas celleux qui défendent à juste titre leur famille et leur communauté en recourant à la force, d’autant que nous devons aussi reconnaître que c’est souvent notre privilège qui nous protège. Nous sommes solidaires de celleux qui n’ont pas ce privilège qui les protège et qui doivent donc se protéger par des moyens violents ; cela ne signifie pas que nous tolérons toute violence, mais que nous comprenons que, dans certains cas, elle peut se justifier. Nous ne condamnons pas non plus d’autres mouvements sociaux et environnementaux qui choisissent d’endommager des biens pour se protéger et protéger la nature, par exemple en mettant hors d’état de fonctionner une plate-forme de forage ou un centre de détention. Cependant, notre réseau n’entreprendra pas de dommages matériels importants en raison des risques encourus par les autres participant·e·s du groupe.

10. NOTRE MOUVEMENT EST FONDÉ SUR DES PRINCIPES D’AUTONOMIE ET DE DÉCENTRALISATION

Nous reconnaissons que nous ne pouvons pas nous tourner vers le gouvernement pour résoudre les problèmes du monde. Celui-ci tend à concentrer le pouvoir et la richesse entre les mains de quelques privilégiés et n’a souvent pas à cœur les intérêts de la majorité des gens et du monde naturel. Nous comprenons que nous devons nous auto-organiser pour répondre à nos propres besoins, ce qui, dans le contexte dExtinction Rébellion, signifie que nous travaillons à égaliser le pouvoir en perturbant ses piliers habituels qui régissent nos vies. Ce faisant, notre intention est de créer un accès aux ressources dont nous avons besoin, telles que des structures démocratiques qui garantissent à chacun·e une voix et une influence, une information qui ne soit pas biaisée par les riches et les puissants, des soins de santé décents, l’éducation, les soins sociaux et le logement, la production d’énergie propre et des protections légales pour prévenir les écocides.

Toute personne ou tout groupe peut s’organiser de façon autonome autour des questions qui lui tiennent le plus à cœur et agir au nom et dans l’esprit d’Extinction Rébellion – tant que l’action s’inscrit dans les principes et les valeurs d’Extinction Rébellion. De cette façon, le pouvoir est décentralisé, ce qui signifie qu’il n’est pas nécessaire de demander la permission à un groupe ou une autorité centrale. Nous promouvons également les idées d' »holocratie » plutôt que de consensus :

Il peut être convenu dans un groupe qu’une ou deux personnes feront une tâche spécifique pour le groupe. Ces personnes sont alors pleinement habilitées à s’acquitter de cette tâche.

Ces personnes sont responsables des résultats et devraient réfléchir à la manière de les améliorer à l’avenir. Si quelque chose ne va pas, il vaut mieux qu’iels demandent conseils et rétroaction, mais n’ont pas besoin de la permission de qui que ce soit pour accomplir la tâche.

En même temps, en tant que réseau, Extinction Rébellion s’auto-organise pour répondre aux besoins des personnes qui y participent, en travaillant à fournir une formation à l’action stratégique pour le changement, en nous éduquant nous-mêmes et les un·e·s les autres sur les questions de pouvoir, de privilège et comment décoloniser, en créant une meilleure accessibilité, en répondant à nos besoins émotionnels par rapport au travail commun, et en prenant le temps de nous connecter et nous divertir.