Raisons de notre présence
Le collectif eXtinction Rebellion Familles a décidé de s’allier à la coalition NoG7 et de participer à la manifestation du 14 juin à Genève.
Cela représentait pour nous, parents, une occasion de visibiliser les enjeux de justice climatique et sociale auprès de nos enfants, de leur montrer que nous n’étions pas seul·e·s. Et surtout qu’ielles puissent faire entendre leurs voix dans l’espace public.
Après quelques explications sur le G7, ielles ont rapidement décidé de participer et de proposer un atelier pour créer un manifeste entre enfants, ce qu’ielles avaient déjà pu expérimenter à d’autres occasions.
C’est ainsi, qu’après les avoir laissé animer cet atelier le samedi, nous nous sommes rendu·e·s à la manifestation le dimanche 14 juin en portant fièrement les revendications imaginées et écrites par les enfants telles que : « On veut que les gens aient les mêmes moyens », « On veut un avenir moins pollué » ou « Le G7 nous casse la tête » sur des pancartes en forme de nuages.
Afin d’assurer la sécurité de chacun·e et permettre la participation des plus vulnérables, un important travail de coordination avait été réalisé avec la coalition. Un bloc enfants et PMR avait été organisé dans le bloc « le Vivant qui se défend », plus particulièrement, nous concernant, autour du camion porteur de la Lémanide. Cela avait été communiqué aux forces de l’ordre. Par ailleurs, les consignes de sécurité ont pu nous être communiquées avant le départ du cortège.
Notre vécu de la manifestation
De par la nature de notre indignation suite aux évènements que nous avons vécu et à la suite des chocs subis par nos enfants et nous-mêmes, nous avons convenu que chacun·e d’entre nous, enfants comme adultes, écrirait rapidement et indépendamment un témoignage de son vécu de la journée du 14 juin 2026. En voici la synthèse. En italique, nous avons placé des citations directement tirées de nos divers témoignages anonymisés. Nous précisons à chaque fois s’il s’agit d’un enfant ou d’un adulte qui témoigne.
Avant le départ du cortège
Plusieurs d’entre nous ont subi des contrôles de police entre nos domiciles et l’arrivée au parc Mon Repos où nous sommes arrivés vers midi pour pique-niquer ensemble. La police est omniprésente autour.
Nous pouvons manger et nous préparer tranquillement. Les enfants peuvent aller se rafraîchir dans le lac pendant que le parc se remplit. L’ambiance est joyeuse et l’espace finit bondé malgré les intimidations des autorités en amont, ce qui nous réjouit.
Un adulte : « Nos enfants ne comptent pas les voitures rouges. Iels comptent les fourgons de police. Vers 12h30, iels en sont à 63. Ça me fait rire jaune. »
Un enfant : « Quand on est sortis de la maison pour aller à la manifestation, on s’est fait contrôler deux fois par la police. Ensuite, au parc, on s’est maquillés et déguisés pour la manif. Et puis on a pique-niqué, on s’est baigné, c’était assez cool. »
Le cortège
Malgré quelques difficultés dues à la densité de la foule, nous arrivons à nous placer vers le camion avec le Lémanide du bloc « le Vivant qui se défend », qui est notre zone de sécurité.
Il fait très chaud, mais l’ambiance est bonne. L’appel à manifester a été entendu, les enfants s’amusent et chantent. Malgré le dispositif policier disproportionné, nous sommes serein·e·s.
La voiture en feu à la Place Dorcière inquiète les enfants qui ont peur que l’immeuble prenne feu, mais les adultes les protègent des fumées avec des tissus et les rassurent. Quand les pompiers arrivent, tout le monde se sent mieux. La suite du cortège reste bon enfant, même si nous remarquons quelques déprédations. Cela inquiète plus les enfants que les adultes qui comprennent bien qu’elles sont ciblées contre des entités qui sont les outils du capitalisme. Nous ne cautionnons pas, mais c’est cohérent. Nous remarquons le travail de la TAP[1] qui nous guide bien et se place entre les cordons de police en armure placés à chaque carrefour et les manifestants, afin d’éviter toute tension inutile.
Les petit·e·s, plus vite fatigués, ont pu monter à l’arrière du camion-Lémanide et nous trouvons même une fontaine pour remplir nos gourdes. La manifestation est autorisée, nous voyons qu’elle est pacifique et nous nous en réjouissons.
Un adulte : « Premiers incidents : une vitrine et une Tesla. Pas d’action de la police, on est plutôt contents que ça ne provoque pas de répression mais on ne comprend pas pourquoi les pompiers ne sont pas là plus vite pour éteindre. »
Un enfant : « Jusque là, il y a eu des petits trucs, mais ça allait, bonne ambiance, agréable. »
Un enfant : « Tout le long, policiers avec boucliers, armes, casques: font peur. »
Un enfant : « J’ai pu faire le tambour et j’ai distribué les paroles des slogans et des chansons. Je suis allée sur le camion. »
Un enfant : « J’ai eu beaucoup d’émotions dans cette manif. Au début de la joie, […] »
Av. Giuseppe-Motta
Sur l’Avenue Giuseppe-Motta, la foule des manifestant·e·s est dense et dansante. Certain·e·s adultes remarquent un nuage s’approchant de nous. Il est environ 18h. À notre grande surprise, il s’agit de gaz lacrymogènes. Les adultes s’agitent en soignant, rassurant et protégeant les enfants. Beaucoup d’aide nous est apportée par les street-medics et d’autres manifestant·e·s. Il y a des pleurs et une enfant en particulier est en état de choc. Le contraste abrupt avec le reste du parcours nous a tous surpris. Nous n’étions pas prêt·e·s.
Une fois les gaz dissipés, comme la voie est libre et que nous avons conscience que nous n’étions pas les cibles, nous nous remettons en route. Nous nous croyons toujours en sécurité près du camion Lémanide.
Vers la place des Nations, nous voyons un·e manifestant·e qui, à distance et sans représenter la moindre menace pour quiconque, nargue les forces de police. Celles-ci ripostent par des tirs. Nous sommes inquiets de cette réaction qui ignore la sécurité de la foule pacifique sur la trajectoire.
Un enfant : j’ai eu très peur et ça m’a piqué les yeux, la gorge et le nez. Les autres manifestants nous ont donné du sérum et nous ont dit de nous protéger le mieux possible.
Un enfant : « Puis, il y a eu une bombe lacrymogène – la première. […] tout le monde a commencé à paniquer car ce n’était pas juste un feu. Ça m’a beaucoup piqué la bouche et le menton. »
Un enfant : « 1ers gaz lacrymos, nuage qui est venu vers nous et notre bloc. Au début, on croyait que c’était des fumigènes puis ça a commencé à piquer partout: les yeux, joues, bouche, gorge, toute la peau nue. Je n’ai pas respiré de gaz cette fois-ci mais c’était une des plus violentes. J’ai eu très peur et mal. […] J’ai eu beaucoup de mal en voyant une autre enfant qui pleurait. »
Un adulte : « Je vois ma filleule en réelle panique, ça me brise le cœur de la voir ainsi et de voir nos enfants subir des douleurs dans leur chair dans une manifestation pacifique. »
Un enfant : « Un mec narguait les policiers en leur faisant des doigts et en leur montrant ses fesses. Les policiers ont tiré et avec le bruit j’ai cru qu’ils l’avaient tué, […]
Un adulte : “Au carrefour avec l’Avenue Giuseppe-Motta, nous voyons un manifestant qui, à distance et sans la moindre menace concrète, fait des gestes provocants envers la police. La police tire au moins deux fois dans sa direction, alors que la foule — dont nous — est derrière. Comment expliquer ce geste de la police? C’est de l’inconscience, à l’opposé de tout professionnalisme. Ils tirent en direction de la foule pacifique.”
Avenue de France
En descendant l’Avenue de France, nous voyons d’abord un nuage de lacrymogènes au niveau du HCR, mais nous décidons d’avancer car l’arrière semble coupé par les policiers. À ce stade, nous sommes encore confiant·e·s d’arriver à la fin du parcours qui est proche. Nous n’avons pas conscience que la manifestation est désormais interdite et que l’ordre a été donné de la dissoudre. Nous sommes choqué·e·s par ce que nous avons vécu mais pensons toujours que nous sommes en sécurité près du camion, que nous ne sommes pas visé·e·s et qu’une sortie nous sera proposée ou au moins accessible.
Un·e seul·e enfant est vraiment sous le choc et sa famille arrive à s’extraire pour tenter d’aller directement à la gare par une rue où il y avait moins de présence policière.
Un adulte : « Tout au long de la descente : personnes en gilet jaunes qui se mettent entre nous et les policiers et sécurisent chaque intersection pour protéger la foule des policiers. Abris de tram cassés, poubelle en feu : c’est nul. Gilets jaunes qui éteignent poubelle […]. Pas aide policière pour protéger les manifestantes ! »
Un adulte : « Avenue de France, le parc n’est pas loin, le cortège est bientôt terminé. Nouveaux gaz. Le vent est en notre faveur, il empêche les lacrymos de remonter la foule, qui ne sait pas si elle doit avancer ou reculer. On se sent encerclés, policiers devant avec lacrymos, derrière avec tirs de balles, sur les côtés pour bloquer le passage. Où aller ? »
Un adulte : « […] au loin, de la fumée. Probablement des gaz. En avançant, nous avons des indications qu’il y aurait une nasse ou autres incidents à l’arrière de la manifestation. Nous nous retrouvons donc à priori pris entre deux feux. Nous devons avancer, pas le choix. »
Un adulte : « Les passages entre les maisons sont remplis de fumée (lacrymo? Fumigènes ?) et la présence policière nous empêche de passer. Pourquoi ne pouvons-nous pas quitter les lieux pour nous mettre à l’abri? Nous continuons de descendre pour finalement tourner (avenue Blanc). A 50m une barrière de policiers. Ma fille se fige. Elle a peur. Peur de la police. Je dois la rassurer et lui dire qu’on va pouvoir passer. On passe à côté de ces armures impassibles. Je serre toujours ma fille contre moi. Nous continuons notre chemin tranquillement, avec au loin les cris de la foule, des détonations et une odeur permanente de lacrymogène qui nous poursuivra jusqu’à la gare. »
Un enfant : « Je voulais continuer à avancer dans la manif pour que l’intimidation ne marche pas et dire que je ne suis pas d’accord. »
En bas de l’Avenue de France
Nous arrivons à une cinquantaine de mètres de la fin du parcours vers 18h40. Nous constatons que les gaz sont denses au niveau du carrefour av. de France / rue de Lausanne. Il y a peut-être ce qui pourrait ressembler à une confrontation à ce carrefour. Nous n’avons pas vu le début, mais depuis que nous sommes en vue du carrefour, nous n’avons pas vu de manifestant·e·s se battre, pourtant des salves de gaz lacrymogènes et peut-être des balles en caoutchouc sont tirées à intervalles réguliers.
Nous avançons donc par à-coups, pensant à chaque fois que les gaz se dissipent que nous pourrons passer. Car nous ne voyons plus de confrontation dans ce carrefour. À chaque fois, nous devons reculer. Aucun·e de nous n’est capable de se souvenir du nombre de fois exact où nous avons dû reculer. Il y a une quantité impressionnante de gaz qui inondent les rues en direction de la gare, rues, avec cordons de police barrant l’accès, que nous devrions emprunter si nous décidions de quitter la manifestation.
Nous voyons enfin la TAP former un cordon de sécurité pour nous laisser passer. À ce moment-là, nous pouvons tous assurer qu’il n’y a eu aucune provocation de manifestant·e·s et pourtant nous recevons une pluie de gaz lacrymogènes. Certains palets atterrissent à moins de 2 mètres d’un·e enfant et sa maman. Les enfants sont choqué·e·s, ont des douleurs et pleurent. La panique complète s’installe chez l’un·e d’entre elleux. À la tentative suivante, même échec et un·e autre parent portant son enfant reçoit un palet à ses pieds.
Finalement, nous arrivons à passer et à rentrer dans le parc. Il est 19h15, nous avons vécu environ 30 minutes de gazage.
Un enfant : « […] il y en avait à chaque fois plus. Alors on avançait, on reculait […]. Ça a continué et on a pu avancer. On s’est perdu avec papa. On s’en est reçu à 1 ou 2 mètres avec maman et après avec papa. »
Un enfant : « gaz tout proches: peur, mal, brûle dans la gorge + tout le visage: panique. »
Un enfant : « Nous étions tout notre bloc (le bloc avec les familles) au milieu du carrefour et les policiers ont envoyé des gaz lacrymogènes dans le tas alors qu’ils n’étaient pas menacés, à 2 mètres de nous. Maman a crié de courir et on a remonté le cortège jusqu’à un endroit avec de l’air qui circulait. C’était la fois la plus violente. Je pleurais mais j’étais plus prête que la première fois donc ça me brûlait moins. Par contre, cette fois c’était tellement fort et proche que j’en ai respiré donc ça a redoublé ma panique. Ma respiration était bloquée et on devait avancer sans regarder. On devait fermer les yeux et reculer. J’avais peur, des angoisses, du stress et mal partout: ventre, tête, gorge, joues. »
Un adulte : « Ma petite commence à paniquer. Je vois sa sœur pleurer dans les bras de sa maman. […] La police nous envoie des lacrymos en plein dessus et nous reculons encore. Ma petite commence à pleurer et à paniquer vraiment. « Papa, je veux partir maintenant, je veux plus rester » sont ses paroles pendant de longues minutes. Puis à nouveau le passage semble libre alors nous avançons. […] À ce moment, un palet de lacrymo arrive très près de nous. Je lui dis que cette fois-ci ça va vraiment piquer, de fermer les yeux et de le couvrir avec son tissu. Elle commence à pleurer et moi à tousser fort […] »
Un adulte : « Nous sommes au tout début du carrefour, […] attention : ils envoient des lacrymos sur nous !!! Explosion d’une lacrymo à 1m50 de mon enfant. […] Je la vois tomber, exploser et brûler. Image bloquée dans ma tête. Lacrymo alors qu’on voulait passer ET QUE TOUT ÉTAIT CALME DANS LE CARREFOUR !!! Nous sommes leur cible !!! Grande foule sur cette avenue prise en otage. »
Un adulte : « On avance, on recule, plusieurs fois, on tente de rejoindre le parc, non sans mal. Les lacrymos tombent à côté de nous, on prend le chemin à l’opposé d’où se dirigent les gaz, […]. On ne comprend pas pourquoi la police envoie des gaz sur les manifestants pacifiques, qui tentent simplement de rejoindre le lieu des discours. »
Au parc Mon Repos
Malgré que nous entendions les déflagrations proches et que la droite du parc semble rester sous les gaz et la fumée, nous nous asseyons dans le parc afin que les enfants puissent faire leurs besoins, boire et manger, pour celleux qui en sont capables car les ventres sont tellement noués. Nous retrouvons des ami·e·s et apprenons que la manifestation a été interdite. Nous réalisons à ce moment qu’il n’y aura pas les discours et que nos enfants ne pourront pas faire entendre leurs voix. Nous sommes surpris·es et écœuré·e·s de n’avoir entendu aucune information des autorités et qu’elles n’aient pas créé de couloir pour nous sécuriser.
Entendant des rumeurs que la zone ne va pas être sûre bien longtemps, nous décidons de partir en direction de la gare du Sécheron puisque la route vers Cornavin est bloquée. À la sortie, un cordon de police ne parlant pas français nous interdit de quitter le parc. Ils autorisent finalement uniquement les familles avec enfants à sortir vers 20h. Nous marchons dans la rue vide et silencieuse, sous le regard peu amène des policiers en armures, ayant dû à contrecœur abandonner des ami·e·s dans la nasse qui se formait.
Un enfant : « […] trois de nos amis sont restés enfermés dans le parc. C’était horrible de les laisser. J’avais l’impression de les abandonner […]. »
Un adulte : « Arrivée dans le parc : aucun autre chemin possible, pas possible rejoindre bas de la manif. […] On ne sait plus trop où aller et comment sortir. Police a scindé la manif en plusieurs et nous a lancé des lacrymos contre !!! […] foule qui entre dans ce parc, sur les barrières, partout, lacrymos lancées derrière nous, pas le choix, faut sortir de cette zone. Toute la droite du parc a été gazée. Là, ça s’estompe. Récits et témoignages de personnes qu’on croise. Affrontements en effet plus bas. On s’assied dans le parc. […] Pipis, cacas, manger, pleurer. […] Devient urgent de sortir : on nous avertit qu’ils sont de nouveau en train de gazer la droite du parc. […] Arrivée devant la grille. Ils ne laissent plus sortir personne. […] On est passé devant une 20aine de personnes qui attendaient de sortir. […] Policiers partout. Rues désertes. »
Un enfant : « […] ils avaient en fait entouré tout le parc, les policiers. On leur a dit qu’on était une famille et qu’il y avait des enfants. Et du coup ils nous ont laissés passer. On a pris trois autres personnes avec nous. J’ai pas trop aimé quand on a laissé beaucoup de personnes derrière nous. »
Un adulte : « Les enfants ont l’impression d’être des héroïnes, nous avons pu sortir du parc grâce à elles et emmener quelques amis avec nous ;-) »
En conclusion
Nous pouvons donc témoigner que :
- Nous n’avons vu aucun·e manifestant·e menacer les forces de police de tout le parcours.
- Nous sommes resté·e·s tout du long à côté du char qui nous avait été indiqué comme zone de sécurité (on nous a dit que l’information que le bloc était destiné particulièrement aux familles avait été communiquée à la police en amont).
- Nous n’avons pas reçu d’information directe que la manifestation avait été dissoute.
- Nous n’avons pas entendu une seule sommation des forces de police.
- Aucune issue de secours sécurisée ne nous a été proposée par les autorités.
Pourtant :
- Nous nous sommes retrouvé·e·s dans l’impossibilité de regagner la fin du parcours en sécurité.
- Nous avons été gazé·e·s à de multiples reprises et nous avons été mis en danger par les forces de police à de nombreuses reprises.
- Nous avons été directement visés par celles-ci.
Nous regrettons les déprédations commises par des manifestant·e·s sur le parcours. Toutefois, elles ne justifient en rien qu’une foule pacifique exerçant son droit de s’exprimer subisse ce que nous et nos enfants avons subi. À l’exact opposé du récit politico-médiatique, nous n’avons donc pas été mis en danger par les actes violents de certain·e·s manifestant·e·s mais bien par la police et par elle seule.
Nous tenons à remercier la TAP et les street-medics pour leur soutien, leur sang-froid et leur professionnalisme tout au long du parcours.
Dernières citations des parents :
« Nous n’avons pas été les victimes collatérales des réactions policières au black bloc, mais les victimes voulues de la police. »
« J’ai l’impression qu’on est pris pour des délinquants alors qu’on participait à une manifestation organisée et cadrée, et un espace spécifique pour les enfants. »
« Ce n’était pas ma première manifestation, ni pour mes enfants. C’était mon premier lacrymogène. Et pour mes enfants aussi. Ça ne sera pas ma dernière manifestation. Pour mes enfants, je ne sais pas… »
« Ma fille n’a quasiment pas dormi de la nuit de dimanche à lundi. Elle avait mal au ventre et ses pensées tournaient constamment au cauchemar. J’ai veillé avec elle toute la nuit, et nous n’avons dormi que 2-3 heures. Le lundi, elle n’est pas allée à l’école le matin. Depuis, elle semble aller beaucoup mieux. Que restera-t-il de cette expérience ? […] Ma détermination n’a pas faibli d’un poil. L’expérience diminue ma peur. On me reverra manifester même si les autorités essayent de nous faire peur. »
Et des enfants :
« […] on a laissé des amis derrière et ça c’était difficile. »
« Je me suis sentie impuissante et toute petite avec tous ces policiers en armure. »
« […] à la maison, j’entendais encore les bruits de coup de gaz et j’avais encore l’odeur des lacrymos. »
« Les blacks blocs détruisent des objets, cela fait du mal aux manifestants indirectement car la police surréagit et leur fait du mal. Mais on comprend leur colère à cause des dirigeants du G7, de l’état du monde, du réchauffement climatique, et de la m…. que fait l’état policier. Ça donne envie de frapper! »
« […] du dégoût pour ce que les policiers ont fait, ils n’auraient pas dû nous attaquer. »
« […] c’était un peu compliqué de marcher parce que ça me stressait tellement, j’avais envie de rester au même endroit, même si c’était pas du tout bien de rester au même endroit. »
« Nous avons, je trouve, été très courageuses. »
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[1] la Team d’Auto-Protection mise en place par la coalition NoG7